Pourriture de la fourchette

Après la rentrée des clubs et la sainte cravache, c’est le grand moment des questions sur la pourriture de la fourchette.

Que ce passe-t-il ?

Pour schématiser la pourriture de la fourchette, on peut déterminer le processus :

  • Absence d’entretien régulier des pieds
  • Pieds ramollis en environnement humide
  • Pourriture de la fourchette

Qu’est ce que la pourriture de la fourchette ?

Dans les environnements humides, des bactéries vont s’installer dans les lacunes de la fourchette, et favoriser des infections. C’est le début de la fourchette pourrie.
Dans les environnements humides, des bactéries vont s’installer dans les lacunes de la fourchette, et favoriser des infections. C’est le début de la fourchette pourrie.

La pourriture de la fourchette est une infection de la corne du sabot, incluant la fourchette. La structure de la corne est ramollie par l’humidité, souvent aggravée par les composants ammoniaqués présents dans la litière. Une infection bactérienne envahit la corne et la ramollit encore plus. Un infection entraine la production d’une substance noire d’odeur putride.

Les lacunes entre la fourchette et le sabot sont le site privilégié de cette infection. Lorsque cette infection atteint les structures sensitives du pied, une boiterie apparait.

Quel est le traitement ?

Je vous conseille de commencer par modifier les conditions de vie du cheval pour obtenir un environnement sec. Je pense qu’un bon environnement aide le cheval à se sentir bien.

Mes chevaux sont au pré toute l’année et n’ont pas ce genre d’infection. Cependant, si la pourriture de fourchette est là, il est nécessaire de la soigner.

Toute la corne infectée doit être éliminée. Une pommade antibiotique/antiseptique est appliquée sur la corne pour stopper toute infection résiduelle. Une solution diluée de formol est un traitement exceptionnel très efficace mais il faut suivre les précautions d’emploi et ne pas respirer les vapeurs dégagées.

Quelques principes d’hygiène

Néanmoins, au-delà du traitement, la pourriture de la fourchette ne pourra se résoudre si on n’ôte pas la source du problème. Elle pourra récidiver ou s’aggraver rapidement si le sabot reste soumis à des agressions trop importantes du milieu extérieur. Des conditions qui sont d’ailleurs également source de d’autres atteintes du sabot ou du paturon.

Quelques principes d’hygiène permettent de rétablir un environnement plus sain. Un équidé ne doit pas être laissé dans la boue 24h/24 ou dans un box (ou une stabulation) plein de fumier. Il lui faut un espace avec un sol sain.

Les équidés au pré ont autant besoin d’être curés que les équidés en box si le sol n’est pas sain. On veillera après le curage à ce que le cheval puisse marcher dans un sol sain ou à faire les soins nécessaires afin de protéger le sabot de l’humidité ou des attaques bactériennes.

Comme pour tous les soins d’hygiène, il faut en faire suffisamment mais pas trop. Si on nettoie trop souvent, on fragilise autant que si on ne le fait pas assez. Un équilibre parfois délicat à trouver.

Les produits et leurs conséquences

  • La liqueur de Vilatte est un mélange de sulfate de cuivre, sulfate de zinc, acétate de plomb et vinaigre blanc, en gros une sorte de bouillie bordelaise augmentée. Rien que du produit chimique et agressif ! (et polluant). D’ailleurs, l’acétate de plomb a été interdit à la vente depuis 2011 : la liqueur de Vilatte traditionnelle ne se trouve plus en France (mais des formules sans plomb sont encore possibles).
  • Le gel Fouganza est un gel hydro alcoolique, c’est à dire que c’est surtout un produit de nettoyage, mais pas un produit de soin.
  • Enfin, le goudron de Norvège est considéré comme un produit cancérigène.

Heureusement, il existe des solutions naturelles, beaucoup plus douces et tout aussi efficaces (et plus économiques !)

Traitements naturels

Avec ses propriétés antiseptiques et antifongiques, l’huile essentielle d’arbre à thé est LE produit à utiliser pour soigner la fourchette pourrie.

1. Huile essentielle d’arbre à thé et vinaigre de cidre :

L’huile essentielle va être diluée dans un mélange pour moitié d’eau et pour moitié de vinaigre de cidre. Pour un traitement d’entretien, rajouter, selon les conditions (environnement plus ou moins humide) 15 à 20 gouttes d’huile essentielle d’arbre à thé. Pour un traitement d’attaque d’une pourriture déjà installée, monter jusqu’à 30 gouttes. La pourriture devrait disparaître en sept à dix jours. Et tout simplement vaporiser sur la fourchette, nettoyée, deux fois par semaine. La solution préparée va durer entre six et huit semaines. Pourquoi ça marche ? Le vinaigre de cidre a un pH acide, qui contribue à tuer les bactéries, et complète l’action de l’huile essentielle.

2. Argile, miel, huile essentielle d’arbre à thé et d’eucalyptus :

Cette préparation est à utiliser comme soin, en cas de pourriture déclarée.

Les proportions, pour obtenir un kilo de pâte :

  • argile pour la moitié du contenant
  • eau dans la même proportion
  • cinq cuillères à soupe de miel de thym
  • 30 gouttes d’huile essentielle d’arbre à thé
  • 20 gouttes d’huile essentielle d’eucalyptus citronné

Pourquoi ça marche ? Le mélange de l’argile verte et de miel va donner une pâte grasse et asséchante, qui a l’avantage de bien rentrer dans les lacunes, et d’éviter les cotons ou les bandes de gazes à imbiber de solution. L’huile essentielle d’eucalyptus est elle aussi antibactérienne et antifongique, elle complète l’action de l’huile de tea-tree. Et le thym contenu dans le miel est aussi un puissant anti-bactérien, avec une action vaso-dilatatrice qui va stimuler la fourchette.

3. Miel, thym, thé citron, huile essentielle d’arbre à thé et vinaigre de cidre

On retrouve les mêmes ingrédients que dans les recettes précédentes, avec du miel, le thym (sous forme d’infusion), un sachet de thé au citron (déjà infusé), un mélange d’eau et de vinaigre de cidre, et l’huile essentielle d’arbre à thé.

Pourquoi ça marche ? parce qu’il y a tout ce qu’il faut, un bon petit cocktail désinfectant et assainissant. Parce que c’est fait avec des ingrédients de la vie quotidienne, faciles à trouver.

C’est une solution d’entretien, à pulvériser sur les sabots avant de longues balades, par exemple.

Author: Mamy Horse

Mamy Horse ou les aventures d'une licorne cinquantenaire, fondatrice Equi Wild - écologie, randonnées équestres et pédestres. Look, tutos, cuisine, humour, animaux et shopping.
Association la maison écologique (Protection de l'environnement)

3 thoughts on “Pourriture de la fourchette

  1. Je m’occupe rarement des pieds de mes équidés, ils vivent leurs petites vies par tout temps dehors. Parfois, comme en ce moment, il pataugent dans la boue, heureusement qu’ils ont des zones sèches pour permettre au pied de sécher, d’autres fois c’est la canicule et les pieds subissent la chaleur.

    Mon maréchal trouve que les pieds de mes chevaux sont bien et que ceux de ma jument Ryry se sont grandement amélioré. Elle vivait au club en box, la vie en pleine air et faites pour eux!

    Je ne sais pas si mon manque d’entretien de leur pied fait qu’ils vont bien ou si j’ai beaucoup de chance. J’ai remarqué que lorsqu’il y a beaucoup de boue, la couche de terre en contact avec la sole sèche et donc permet d’avoir le pied sec, même si il est tout « plein ». Je pense comme toi, si l’environnement est adapté, les choses vont toutes seules! La nature est si bien faite.

    1. Je pense que, effectivement, quand les chevaux/poneys vivent leur vie dans le pré en toute saison, ils se débrouillent très bien seuls. Sincèrement, même David (qui est Maréchal ferrant) ne touche pas aux pieds des gros. Ils sont pieds nus, pas un parage en un peu plus de 2 ans. Leurs sabots se sont adaptés au sol. Nous avons observé ça, surtout pour Gaya qui avait ses petits pieds de poulains.
      Dans les parcs, tu as toujours un coté avec de la boue par chez nous. Mais j’ai un coté de pré avec de l’herbe où ils se couchent. J’ai comme l’impression que moins tu touches, mieux c’est. Tu le vois avec Ryry en fait.

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