L’esprit de Noël

Des cadeaux, un sapin et un repas fastueux. Tels sont les ingrédients récurrents des fêtes de Noël. Faut-il pour autant réduire ce moment de l’année à sa déclinaison commerciale ? Qu’est-ce que l’esprit de Noël ? Quelle est son histoire ?

 

L’Homme et la nature

Le 25 décembre se situe au solstice d’hiver, moment de la nuit la plus longue de l’année. Pour les peuples anciens, c’est la période la plus difficile pour la survie de l’espèce. Les hommes ont faim, froid, il fait nuit très tôt et longtemps. Il faut garder courage et tenir ensemble dans les difficultés. Cette période est angoissante car les plus faibles n’y survivront pas.

L’agriculteur est en attente du dégel, du printemps pour à nouveau se remettre au travail dans les champs. Il souhaite le retour du soleil qui va redonner vie à la terre nourricière. Il  met donc en place un certain nombre de rites le célébrant.

Charles Dickens à l’origine de « l’esprit de Noël »

En réalité, l’origine de « l’esprit de Noël » est attribuée à Charles Dickens, et à son célèbre « Conte de Noël » (« Christmas Carol ») publié le 17 décembre 1843, qui sera un « best-seller » et dont les lectures publiques attireront des foules enthousiastes à Londres, Paris ou encore Boston.

Dans ce texte, l’esprit de Noël est un mélange de charité, de bonheur familial, d’harmonie sociale, de solidarité… Il est incarné par Bob Cratchit face à l’avare Scrooge.

L’esprit de Noël est donc avant tout synonyme de rassemblement autour de ces valeurs dépeintes par Dickens. Et cette imagerie très victorienne (1850) correspond à cette époque où la bourgeoisie naissante s’est appropriée cet événement, en généralisant les veillées du 24 décembre près du sapin et en échangeant des cadeaux entre les membres de la famille, dont cette fête célèbre les liens annuellement en réunissant les générations autour de l’enfant.

Le père Noël, figure tardive et syncrétique, liée à Saint Nicolas, au Père Noël allemand et à Santa Claus, finira d’ailleurs par récompenser tous les enfants sans conditions.

Une injonction à adhérer à « l’esprit de Noël »

Néanmoins, la manière dont on adhère (ou non) à l’esprit de Noël, dont on le ressent ou le rejette, dépend donc également de la qualité de nos relations familiales. Les mauvais souvenirs d’enfance ne donnent pas souvent envie de célébrer ces liens dans la sérénité.

Un autre fait participe à freiner l’enthousiasme des fêtes de fin d’année. Aujourd’hui est majoritairement diffusée, surtout à travers les médias, une sorte d’injonction à adhérer à « l’esprit de Noël ». Ainsi, les gens seuls, se forcent parfois à célébrer l’événement. Or, la solitude à Noël peut être extrêmement dure à vivre. En ce sens, cette fête met en lumière au, sens propre et figuré, l’état de notre société (de notre famille, du rapport aux enfants, au don…).

Mais cette injonction est aussi, hélas, celle de consommer coûte que coûte, que relaie activement le commerce. Il ne faut pas oublier que les grands magasins ont accompagné, dès leur création à la fin du XIXe siècle, l’essor de la fête de Noël. Et ont participé par là même sans doute également au dévoiement de « l’esprit » qu’elle véhiculait.

Film culte

Author: Mamy Horse (Annawenn)

Mamy Horse ou les aventures d'une licorne cinquantenaire, fondatrice Equi Wild - écologie, randonnées équestres et pédestres. Look, tutos, cuisine, humour, animaux et shopping.
Association la maison écologique (Protection de l'environnement)

Cavalière passionnée par la nature, la randonnée et bujo addict. Doctorante de la filière équine. L'Equi-Wild est une philosophie & une activité à découvrir pour les amoureux de la nature en général, des chevaux en particulier

2 thoughts on “L’esprit de Noël

  1. Je réfléchis de plus en plus à Noël, et je me rends compte que finalement, la dimension commerciale tend à prendre une place de plus en plus importante… Je n’ai pas d’enfants, mais j’aspire à autre chose avec mes petits neveux et nièces en me concentrant sur l’échange et le bonheur d’être ensemble, de faire des activités pour célébrer cette période…

  2. Bonjour Audrey,
    Que la fête de Noël soit pour toi religieuse ou pas, offrir et recevoir reste un plaisir. Je pense simplement qu’il est préférable de collectionner ces bons moments qui se transforment en souvenirs inoubliables.
    Mes filles sont adultes maintenant mais elles ont toujours l’esprit de Noël (non religieux). Quand elles étaient petites, je n’avais pas terminé mes études donc pas un sou. Les cadeaux étaient fait main. Ils venaient du cœur et pas du porte monnaie. Aujourd’hui, je vois des adolescents avoir le dernier I-Phone pour Noël et de mon point de vue, c’est too much 😉
    Il y a 3 ans, pour Noël, petite chérie m’a offert de très grosses chaussette (elle vit à Paris et moi je suis en montagne). Une personne m’a dit « ce n’est pas un cadeau!!!! »…. Ben j’y tiens comme à la prunelle de mes yeux à mes chaussettes et je songe sérieusement à les raccommoder.
    Nous n’avons aujourd’hui pas toujours le temps de fabriquer un cadeau alors ils sont choisis avec soin auprès d’artisans (pour eux aussi, c’est Noël). Pour le même Noël, fille ainée m’avait déniché une boite à bonheur en bois qu’elle a fait faire pour moi. Dedans, il y a, entre autre, une polabox de nos bons moments ensembles. On se voit vraiment rarement et c’est vraiment agréable de revoir ces photos de temps en temps. Nous sommes aussi de grandes fan de carnets 😉

Nous apprécions vos commentaires (like the post)