La cravache est-elle indispensable en équitation ?

Avec la rentrée, les articles des blogs équestres fleurissent de conseils sur les indispensables de la rentrée. La cravache est la grande gagnante de ces « indispensables » et même définie comme le « Saint Graal ». Question de point de vue ?

A quoi sert la cravache ?

J’ai très peu fréquenté les clubs. Mais j’y ai fait la connaissance de la fameuse cravache. Il y en a toujours une qui traine dans un coin de manège, dans la sellerie ou au club house. Bref, la cravache est au club ce que la liposuccion est à la société actuelle.

La cravache et moi

Je me suis sentie idiote avec ça. Je ne sais jamais quoi en faire d’ailleurs. Et je n’en fait absolument rien. Mon dernier cours en club m’a laissé le souvenir des hurlements de ma coach : « TES JAMBES, TES JAMBES !! CRAVACHE TOUT DE SUITE !!! »

Un an plus tard, en balade avec mon cheval, je n’ai pas de cravache. Je n’ai même pas besoin d’action de jambe. J’ai un regard différent sur ma relation avec mon cheval. Je parle d’équitation en yoga, de communication animale et d’environnement. Les chevaux sauvages m’ont beaucoup appris.

Dominer n’est pas éduquer

des chevaux, des promenades, la nature et mon carnet créatif - horses, walks, nature and my creative notebook - bujo
Pourquoi la cravache ?

N’en déplaise à mes détracteurs, j’ai domestiqué des chevaux sauvages en les observant et en créant une relation de respect mutuel. Pas de mors ni cravache. Mes chevaux répondent à ma voix. Ganesh est monté en pleine nature sans avoir connu de mors, encore moins de martinet.

Quand j’ai vu les méthodes de débourrage des « professionnels », j’ai préféré me débrouiller par moi-même. De mon point de vue, la cravache est inutile. C’est le martinet du cheval… le pouvoir par la force et la violence. Ca donne à réfléchir sur l’égo du cavalier.

Les disciplines équestres

En dressage, pas de cravache alors certains cavaliers utilisent des enrênements particulièrement sévères. Si la cravache est un indispensable pour commencer l’équitation, le cheval est déconsidéré et le jeune cavalier n’apprend rien. Dominer, soumettre, sauter des barres et faire des diagonales sur le bon pied… sans apprendre à monter à cheval. C’est mettre la charrue avant les bœufs !!!

On me répondra que je ne fais pas de concours. Ce n’est effectivement pas mon but. Il faut malheureusement mettre un mors au cheval en dressage. Dresser prend beaucoup de temps et demande du travail.

Concours, un prétexte ?

Concernant le cross et le C.S.O, Ganesh est bien entrainé. Pas besoin de cravache, il fait ça tout seul. Nos deux sorties hebdomadaires en montagne font de Ganesh et de Gaya des chevaux naturellement musclés dont les sabots se sont adaptés au sol rocailleux (non, ils n’ont jamais été ferrés non plus).

Le cheval peut tout faire sans cravache

J’ai commencé à sauter des obstacles naturels avec le gros pour jouer. J’ai sauté à pieds à coté de lui et ça lui plait beaucoup 😀 Je cours, je saute et Ganesh me suit…… ou pas parfois lol. Quand il a compris le jeu, je monte en selle. Ganesh a un très bon coup de saut. Pas besoin de jambes ni de cravache : c’est le juste équilibre, l’assiette, qui donne la direction.

De mon point de vue, avant de monter sur un cheval, le cavalier devrait se débourrer lui-même.

« On n’est pas le meilleur quand on le croit, mais quand on le sait. »
  • (en) Don’t think you are, know you are.

  • Laurence Fishburne, Matrix (1999), écrit par Andy et Larry Wachowski

Et c’est ton cheval qui le sait, pas ta cravache 😉

 

Author: Annawenn07

Cavalière passionnée par la nature, la randonnée et bujo addict. Je crée des équipements innovants pour chevaux et cavalières, confortables et eco-responsables. Doctorante de la filière équine, je suis membre d'une association de protection de l'environnement, Fondatrice et praticienne d'Equi-Wild. Une activité à découvrir pour les amoureux de la nature en général, des chevaux en particulier

5 thoughts on “La cravache est-elle indispensable en équitation ?

  1. Parfois je me demande comment l’équitation peut être descendue aussi bas. La cravache n’a jamais été un élément pour tabasser. De toute façon les chevaux sont bien plus costauds que nous. S’ils ne veulent pas passer un fossé par exemple, ils ne le feront pas et l’affaire est classée. Les moniteurs de maintenant n’ont pas suffisamment, à mon sens, de connaissance du psychisme équin pour aider les cavaliers à comprendre l’animal cheval. Savoir « parler aux chevaux et être compris » n’est pas une option et ni la cravache, ni les éperons ne se substitueront à ce dialogue avec le cheval.
    Quand à regarder de prêt l’équipement, tout dépend de la finesse du cavalier. Un mors dur et fin peut paraître rébarbatif mais dans des mains compétentes fines et sensibles ne jamais abîmer le cheval alors qu’un mors moins terrible ou un licol américain peut causer des dégâts irrémédiablement destructeur dans la bouche du cheval ou sur les nerfs.

    En fait il faudrait adapter le matériel au cheval d’une part et au niveau de son cavalier de l’autre. Mais là c’est pareil on ne prend plus le temps de vérifier ces points.
    Je suis navrée de dire ça mais les chevaux sont les bicyclettes et les grands perdants de la pédagogie. Je ne pratique plus et je n’ai plus eu envie de traîner en concours pour ces raisons.

    1. J’ai malheureusement fait le même constat. C’est pourquoi je fais des recherches pour ma thèse pour rendre sa place au cheval. J’ai créé l’Equi Wild et du matériel adapté à chaque cheval et à chaque cavalier.
      Mon moniteur, c’est mon (mes) chevaux et ils communiquent vraiment très bien. Je leur dois cette nouvelle ouverture d’esprit et mon retour aux études aussi 😉
      Merci beaucoup pour ton témoignage Manuelle

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